Journées du Patrimoine à Speloncato

les 19 et 20 Septembre 1998

  Samedi 19 Septembre 1998

 

Présentation d'une restauration : Le chemin de croix, oeuvre peinte du XVIII° siècle, classée Monument Historique.

Ewa POLI, restaurateur d'oeuvres d'art, présente et explique son travail de 14H30 à 18H00 à la sacristie de l'église paroissiale.


Visite guidée de de la Collégiale Santa Maria Assunta (église parroissiale) avec Caroline PAOLI-LICCIA et Michel-Edouard NIGAGLIONI, historiens d'art à partir de 15H00.


Présentation del'orgue histporique de la Collégiale par Elisabeth PARDON, titulaire de l'orgue de 16H00 à 18H00 (elle pourra être renouvelée le dimanche).

 Dimanche 20 Septembre 1998

 

Visite-promenade de 2 chapelles se trouvant aux environs du village.Sortie organisée par l"association archèologique de Speloncato "A la scuperta di l'anticu".

Il est prévu 2 heures de marche sur les sentiers. Rendez-vous à 9H30 sur la place du village (annulé en cas de mauvais temps).


Présentation d'une restauration : le cheminde croix, à la sacristie de l'église parroissiale de 14H30 à 18H00.

 Pourquoi restaurer ?

Restaurer, c'est éprouver la nostalgie de ce qui a disparu des époques révolues mais aussi préparer le futur, un futur qui plante ses racines dans un passé, une époque, un espace, une culture précise. Le futur, le devenir, ne peut pas se fonder sur le néant. Il s'élabore à partir de réminiscences, de souvenirs de ce qui est passé. Bien sûr, ce passé n'est pas reproduit stérilement. Il est plutôt le fondement, le témoignage qui sert à mettre en place, à dessiner le futur.
     

Qu'est-ce que la restauration d'objets d'art?

C'est redonner à l'uvre une cohésion mécanique et une reconnaissance de l'original la plus complète. Les méthodes choisies et les matériaux utilisés doivent être réversibles c'est-à-dire pouvoir s'enlever sans danger pour l'uvre. On doit éviter toute intervention non nécessaire. 

Chemin de croix de Speloncato

C'est à partir de la mission en Corse du prédicateur italien Leonardo da Portomaurizio, en 1742, que beaucoup de villages insulaires décident de doter leur église paroissiale d'un chemin de croix.

Les chemins de croix représentent, en quatorze épisodes, le déroulement de la Passion du Christ. En Corse, afin de réaliser les tableautins nécessaires à la liturgie, on fit presque toujours appel à des peintres locaux.

Ainsi, en 1746, la communauté de Speloncato commande au peintre Nicolao Filippi un chemin de croix primitivement destiné à l'église Santa Cattarina. Celui-ci est actuellement conservé dans l'église collégiale Santa Maria Assunta du même lieu. Les archives paroissiales nous ont appris que l'ensemble de l'uvre coûta 141 lires, cadres compris. Plusieurs paroissiens contribuèrent aux frais en prenant à leur entière charge l'un ou l'autre des tableautins. C'est pour cela qu'en remerciement les noms des divers bienfaiteurs furent inscrits sur la toile qu'ils avaient payé de leurs deniers.

 
Etat vant la restauration

Nicolao Filippi est un peintre corse. Sa famille était originaire du village de Pietraserena en Castagniccia. Certains documents laissent entendre qu'il aurait épousé l'une des filles du peintre milanais Giacomo Grandi (Grandi fut très actif en Corse, il y mourut en 1772). C'est sans doute à cause de ce lien familial que Nicolao Filippi et Giacomo Grandi étaient tous les deux présents à Speloncato en 1746 ; pendant que l'un réalisait un chemin de croix pour l'église, l'autre peignait un tableau d'autel pour le couvent. On peut aisément remarquer que Giacomo Grandi a aidé Nicolao Filippi car on retrouve la façon de peindre du peintre milanais sur l'une des scènes du chemin de croix (scène de la crucifixion).

Michel Edouard Nigaglioni, historien d'art.

La restauration du chemin de croix, classé Monument Historique, a débuté en juillet 1998. Après examen de l'ensemble, un programme de restauration a été retenu. Les tableautins, dont le support était en bon état (sans déchirures, ni trous), ont été consolidés recto-verso avec Beva 371. Par la suite, il a été posé des bandes de tension permettant de les fixer sur châssis (photo n° 1).

Malheureusement, quatre tableautins devront être rentoilés étant donné leur mauvais état (trous, déchirures, soulèvements importants de la couche picturale). Leur rentoilage est également fait avec Beva 371 (photo n° 2).

Une partie des tableautins est d'ores et déjà débarrassée des surplus de Beva et nettoyée des salissures, des repeints, des éclaboussures qui voilaient les couleurs d'origine. Ce travail est une des opérations les plus délicates en matière de restauration. Elle requiert une attention toute particulière pour ne pas altérer la couche picturale (photo n°3).

Une couche de vernis est ensuite posée sur l'ensemble. Puis, il est procédé à un masticage se limitant strictement aux contours des lacunes et à l'enlèvement des surplus de mastics.

Les retouches picturales sont faites à l'aquarelle et à la peinture au vernis.

La restauration des peintures nécessite un travail de patience allié à un savoir-faire tout orienté vers le respect de l'uvre qui lui est confiée.

Ewa Poli, restaurateur d'objets d'art, Speloncato.

 
Photo 1
 
Photo 2
 
Photo3


 

L'église collégiale Santa Maria Assunta

 1ère chapelle à gauche

· Tableau d'autel : &laqno;Saint Antoine de Padoue et l'Enfant Jésus», huile sur toile, début du 18e siècle, école corse

· Au dessus de la porte d'entrée latérale un antépendium peint (antépendium : devant d'autel de fête), &laqno;Le prophète Elie enlevé au ciel dans le char aux chevaux de feu», huile sur toile, début du 18e siècle, école corse (même peintre que celui du retable de Saint Antoine de Padoue).

· Petit tableau : &laqno;La Vierge en prière», huile sur toile, deuxième moitié du 18e siècle, copie d'après Giovan Battista Salvi (dit Sassoferrato).

2ème chapelle à gauche

· Tableau d'autel : &laqno;Apparition de la Vierge à Saint Jean Népomucène et Saint Philippe Neri», huile sur toile, dernier quart du 18e siècle, attribuable à Vicente Suarez (peintre de l'école corse d'origine espagnole).

 

Apparition de la Vierge

 

St Michel, St Jean- Baptiste, St Roch
et St Sébastien aux pieds de la Ste Trinité

 

3ème chapelle à droite

· Tableau d'autel : &laqno;La donation du Rosaire à Saint Dominique et Sainte Catherine de Sienne», huile sur toile, milieu 17e siècle, Nicolao Castiglioni (peintre corse, école corse)

2ème chapelle à droite

· Statue d'autel : &laqno;L'Immaculée Conception», bois polychrome, milieu du 19e siècle.

1ère chapelle à droite

· Tableau d'autel :&laqno;La déploration du Christ», huile sur toile, 1808, école française.

· Au dessus de la porte d'entrée latérale un antépendium : &laqno;L'Enfant Jésus», huile sur toile, début du 18e siècle, école corse (même peintre que le retable de Saint Antoine et que l'antépendium de la 1ère chapelle de gauche).

· Reliquaire sur l'autel : provient d'un devant d'autel du couvent, bois sculpté, 1ère moitié du 18e siècle, uvre d'un capucin corse.

· Statue de procession, &laqno;Saint Antoine abbé», bois sculpté et peint, 18e siècle.

Michel Edouard Nigaglioni, historien d'art.

 3ème chapelle à gauche

· Tableau d'autel : &laqno;Saint Michel, Saint Jean-Baptiste, Saint Roch et Saint Sébastien aux pieds de la Sainte Trinité», huile sur toile, 1653, Marc Antonio De Santis (peintre de l'école corse d'origine napolitaine).

Dans le cheur

· Deux tabernacles en bois sculpté de la première moitié du 18e siècle, (dont l'un est daté de 1718). Ils sont l'oeuvre d'un capucin corse.

· Meuble de sacristie en bois sculpté, 1ère moitié du 18e siècle, attribuable au menuisier ébéniste corse Carlo Felice Campana.

· Châsse de Saint Victor martyr, bois sculpté et doré de style baroque, 2ème moitié du 18e siècle.

· Tableaux de reposoir : à gauche, &laqno;la flagellation du Christ», à droite &laqno;Le christ au jardin des oliviers», huile sur toile, 18e siècle. Ces toiles étaient assemblées avec d'autres conservées dans la sacristie pour constituer le décor du reposoir de la semaine sainte.

Tabernacle en bois sculpté
 

Saint Antoine abbé

 L'orgue historique de la Collégiale

Giovanni Crudeli, jeune facteur d'orgue imprégné de la tradition toscane transmise par sa famille d'organiers à Lucca, crée en 1810 pour la Collégiale un orgue de pure facture classique italienne. La monumentale tribune de bois galbé, telle une majestueuse proue de navire, est le premier chef-d'uvre d'un enfant de Speloncato, le maître ébéniste Anton Giuseppe Saladini, en 1821. Grunwaldo Graffini signe l'ensemble du décor peint. Antoine Massoni a restauré l'instrument en 1992 qui n'a cessé depuis de chanter en alternance avec les polyphonies de Speloncato, à longueur d'année et lors de nombreux concerts.

Composition de l'orgue :

· Clavier 45 notes avec octave courte et coupure au do3.

· Pédalier : ­ 8 notes de contrabassi, ­ Trombe dell Angelo (sol et la), ­ Tamburo.

· Principale, Ottava, Quinta decima, Decima nona, Vigesima secunda, Vigesima sesta, Vigesima nona, Flauto in ottava, Cornetto bassi et Soprano, Tromba bassi et Soprani, Voce humana, Rossignoli.

Elizabeth Pardon, titulaire de l'orgue de la Collégiale.

 

Nous remercions de leur aide la Collectivité Territoriale Corse, la Mairie de Speloncato, les associations "Saladini" et "Scuperta di l'Anticu" ainsi que tous les bénévoles qui ont bien voulu nous prêter leur concours.

 

HAUT DE LA PAGE